Suivi dans le temps de la ferme

SUIVI DANS LE TEMPS

Evolution du systèmeHistorique de la ferme et de ses pratiques

Depuis l'installation de Laurent Reversat en 2013 sur la ferme, le système a complétement évolué.

 

2014

2017

· Laurent en exploitant individuel

· Fréderic son voisin exploitant individuel

GAEC avec Laurent, Fréderic et Romain, neveu de Laurent.

160 brebis

320 brebis

240 ha pour 1 UTH

435 ha pour 3 UTH

AOP Roquefort

Agriculture Biologique / commercialisation Bergers du Larzac

 

La réunification des deux parties de la ferme s'est faite avec cohérence. En effet, la partie au nord présente un sol acide peu favorable au pâturage mais qui présente de bonnes conditions pour les céréales. La partie au sud se prête bien au pâturage.

La reconception du système s'inscrit dans une démarche d'autonomie, qui passe par la diminution du troupeau et l'augmentation du capital humain.

 

Evolution des ventes

Auparavant, la ferme livrait son lait à Roquefort Société. Le droit à produire était de 45 000L dont seulement 40% était valorisé en Bio. Or l'intégralité du système étant en Bio, Laurent et ses associés souhaitent valoriser l'intégralité de leur production. Pour cela, le lait est désormais collecté par les Bergers du Larzac, une plus petite coopérative qui valorise en bio 100% du lait produit sur la ferme.

 

 

2014

2017

Lait

% CA

80

85

Prix €/L

1,02

1,4

Quantité (L)

45 000

72 000

Viande

%CA

20

15

Agneaux 40 jours (15kg)

Prix (€/kg vif)

4,3

3,1

Quantité (Nb)

148

280

Brebis réformes

Prix (€/unité)

54

41

Quantité (Nb)

28

60

 

On observe que les ventes ont sensiblement évolué. Le prix du lait a augmenté, permettant une plus grande part de la production dans le chiffre d'affaire. Au contraire, les prix des viandes de brebis et d'agneaux ont légèrement diminué, ne représentant désormais 15% du chiffre d'affaire.

L'augmentation du prix du lait s'illustre par l'adhésion à la coopérative des Bergers du Larzac. La proximité de cette structure est une réelle opportunité pour le GAEC afin de valoriser son lait à un prix avantageux.

 

Evolution de l'assolement

 

 

2014

2017

SAU (ha)

240

436

Parcours (ha)

198 soit 83% SAU

354 soit 81 % SAU

Prairie temporaire (ha)

27 soit 12 % SAU

56 soit 13 % SAU

Céréales (ha)

13 soit 5% SAU

24 soit 6%

Prairie naturelle sèche (ha)

2

2

 

Suite à l'installation en GAEC, la SAU est passée de 240 ha à 436 ha. En revanche, on voit que l'assolement reste du même ordre avec 80% de parcours 13% de prairies temporaires et 5% de céréales. Les 2ha de prairie naturelle sèche ont été conservés.

 

 

 

Evolution des rotations

 

2014

2017

  • Rotation sur 6 ans
  • 4 ans de prairies temporaires - mélange prairial (sainfoin, luzerne, dactyle)
  • 2 ans de céréales : seigle (30qtx/ha) et orge (15 qtx/ha)
  • Rotation sur 7 ans
  • 5 ans de prairies temporaires - mélange prairial (sainfoin, luzerne, trèfle violet, ray-grass anglais)
  • 2 ans de céréales : seigle/avoine (30 qtx/ha)* et seigle/orge (30 qtx/ha)*
* rendements de 2016, en 2017 les rendements sont plus faibles à cause de la sécheresse.

 

Entre 2014 et 2017, on observe l'allongement et la diversification de la rotation.

En effet, dans le mélange prairial, le dactyle a été remplacé par du ray-grass anglais et du trèfle violet a été ajouté. Ce nouveau mélange permet une meilleure appétence des prairies et une meilleure digestibilité.

2014

2017

 

Evolution des projets

 

Projets en 2014

Etat des lieux en 2017

- GAEC de 3 associés à plein temps

- 480 ha (dont 80 ha cultivables)

- 320 brebis laitières,

- objectif de production : 100 000 litres de lait

- livraison de la production de lait à la coopérative des Bergers du Larzac.

Projet réalisé en partie. L'objectif des 100 000 L de lait en perspective pour 2020.

Passer de 12 à 16 postes de traite

Projet abouti, 4 nouveaux postes de traites ont été aménagés.

Semer des fourrages sous couvert d'avoine de printemps : L'avoine serait une culture intermédiaire. L'objectif recherché est une couverture permanente du sol. Une autre idée serait d'implanter de l'avoine d'hiver après la seconde paille. Ce couvert gélif pourrait représenter une ressource fourragère supplémentaire au printemps.

Ce projet a été abandonné car dans leurs démarches de réduction du travail du sol, les associés ont remarqué que les sols présentaient un stock de graines important. Ainsi, après la moisson, si les pluies le permettent, un petit couvert se forme. A l'inverse, s'il ne pleut pas, ni les graines du sol ni les semis pousseront, c'est pourquoi le choix de ne rien semer après la moisson a été fait.

Implanter des haies . Au sein d'un programme avec la LPO Agriculture et Biodiversité, Laurent Reversat va planter 1 km de haies sur une parcelle de 18 ha en collaboration avec Arbres, Haies, Paysages d'Aveyron. Les essences seront choisies pour essayer de reconstituer les haies naturelles de la région. Les fonctions recherchées sont la limitation de l'érosion et l'amélioration du confort du troupeau (barrière physique contre le vent). La haie permettra de diviser la parcelle qui fait actuellement 18 ha en 3 parcelles de 6 ha. « A partir de 4 hectare l'efficacité du travail en tracteur est la même quelque soit le nombre d'hectares. » Cette haie permettra aussi d'accroître la faune auxiliaire.

Ce projet a été réalisé. Des haies sont désormais présentes sur les parcelles.

Atelier de transformation à la ferme

Ce projet n'est pas abandonné mais ne fait pas parti des priorités du GAEC. En effet, éleveur transformateur est un métier différent d'éleveur, avec plus de contraintes et plus de temps de travail. De plus, un atelier de transformation implique des investissements qui ne sont pas prévus pour le moment. Le système actuel : transformation par la coopérative des Bergers du Larzac convient aux 3 éleveurs.

 

 

Projets en 2017

  • Mettre en place un projet de bois énergie : Projet de la SCTL (société civile des terres du Larzac) propriétaire déléguée des terres. Il y a un bail de carrière sur une partie de la ferme. Il n'y a pas encore eu de coupe à ce jour mais le projet est lancé.
  • Mettre des panneaux photovoltaïques sur la ferme : Projet plus ou moins concrétisé aujourd'hui avec un collectif de plantation de panneaux photovoltaïques. Un module de 9 kW a été installé à l'occasion de la rénovation d'un toit d'un vieux bâtiment et le nouveau hangar supportera un module de 36 kW d'ici 2018. L'électricité récupérée sert à tous les adhérents au projet.
  • Atteindre un objectif de production de 100 000L de lait/an d'ici 2020, qui permettrait de dégager 3 salaires sans primes PAC. Pour le moment, l'exploitation est à 72 000 L, ce qui représente d'augmenter la production de 25% mais les associés sont confiants quant à la réalisation de cet objectif. Jusqu'en août 2017, les courbes de productions étaient de l'ordre de 90 000L puis la sécheresse s'est faite ressentir avec le manque d'herbe à pâturer et donc une diminution de la production.
  • Trouver un quatrième associé qui sera à terme le remplaçant de Frédéric . Cet associé est déjà trouvé, il sera présent pendant quelques temps en même temps que Frédéric afin de faire une « passation ». Le but étant de transmettre au mieux les savoirs et savoirs faire.
  • Continuer la rénovation des bâtiments anciens . Projet qui est en cours. Isoler la bergerie pour un aspect sanitaire. « C'est un devoir d'entretenir ce patrimoine »

 

Evolution d'une pratique agroécologique

 

Mélanges prairiaux

 

Dans un objectif d'autonomie alimentaire, l'ensemble des prairies temporaires est semé en mélanges.

Entre 2014 et 2017, la composition du mélange et l'assolement des prairies temporaires ont évolué.

 

2014

2017

27 ha

56 ha

· Luzerne (20kg)

· Sainfoin (25kg)

· Dactyle (2kg)

· Luzerne (15kg)

· Sainfoin (25kg)

· Trèfle violet (2kg)

· Ray-grass anglais (2kg)

 

Le dactyle a été supprimé du mélange car les associés se sont rendus compte qu'il n'était pas consommé par les animaux. Pour éviter ce gâchis, le dactyle a été remplacé par une autre graminée, le ray-grass anglais, plus appétant.

Il a été observé une meilleure consommation et un meilleur transit de ce nouveau mélange chez les brebis. En effet, la teneur en sucre du mélange est plus élevée. Cependant, le caractère « productif » de ce dernier ne peut être encore évalué. En effet, c'est la première année qu'il est mis en place, dont une partie de l'année en sécheresse.

De plus, le trèfle violet pousse bien sur les sols acides et se plait donc sur les sols de Causse.

 

Historique des équipements (Matériel et bâtiments)

 

2014

2017

Cultipacker en propriété

Cultipacker en propriété

Charrue déchaumeuse en copropriété

Charrue déchaumeuse en copropriété

Herse rotative avec semoir en copropriété

Herse rotative avec semoir (3m) en copropriété

Matériel de fenaison en propriété

Matériel de fenaison en propriété

Presse en CUMA

Presse en CUMA

Epandeur à fumier en CUMA

Epandeur à fumier en CUMA

12 postes de traite

16 postes de traite

Trieur à grains

Trieur à grain monté sur une remorque automatisée

 

Semoir de 4 m (investissement à 3 000 €)

 

Déchaumeur dent-disque-rouleau 3 m 50 - 4 m (investissement à 14 000 €)

 

Hangar

 

Rénovation des bâtiments

 

Depuis 2015, les parcours sont reconnus par la PAC. Les associés ont donc bénéficié d'aides supplémentaires qui ont permis une augmentation du chiffre d'affaire. De plus, l'entrée de Romain, 26 ans, dans le GAEC, a permis une entrée supplémentaire avec la dotation jeune agriculteur (DJA).

Les associés ont décidé de se servir de ce « bonus » imprévu, pour investir dans le foncier et assurer la pérennité du lieu et de son patrimoine. En effet, la ferme est composée de vieux bâtiments qui sont aujourd'hui en cours de rénovation.

A la suite de la formation du GAEC, le cheptel a doublé. Il a donc été nécessaire d'augmenter le nombre de postes de traite.

La construction d'un hangar de stockage a également fait partie des investissements réalisés depuis 2014. Ainsi, les stocks d'aliments pour l'hiver pourront être stockés dans un bâtiment neuf.

Dans une démarche de diminution du travail du sol, le GAEC a investi dans un outil unique, un déchaumeur dent-disque-rouleau. Auparavant, une charrue déchaumeuse suivie d'une herse rotative combinée à un semoir étaient utilisés. De par le caractère caillouteux des parcelles, la volonté de ne plus utiliser d'outils animés s'est imposée. Les associés ont également eu l'opportunité d'acheter un semoir pneumatique. Ainsi l'utilisation du nouveau déchaumeur et du semoir permet d'économiser du temps de travail et du carburant en limitant le nombre de passages :

 

Travail du sol classique

Diminution du travail du sol

  • Charrue déchaumeuse à 2 m 25
  • Herse rotative et semoir (3 m et cuve de 500 L)
  • Déchaumeur outil unique dent-disque-rouleau à 3 m 50  -  4 m (équivalent à 1 ou 2 passages par parcelle)
  • Semoir pneumatique (4 m et cuve de 1 000 L)

 

De plus, le labour était majoritairement réalisé à cause du chiendent. Il a été observé qu'après 3 ans de labour, le chiendent a quasiment disparu. La réduction du travail du sol fait donc l'unanimité.

 

Evolution des chiffres de l'élevage

 

 

2014

Moyenne 2016-2017

Prolificité

1,5

1,3

Taux de mortalité

5 % (208 sevrés sur 220 nés)

10 % (360 sevrés sur 400 nés)

Productivité

  • 281 L / brebis luttée
  • 306 L / brebis traite
  • 45 000 L de lait
  • 225 L / brebis luttée
  • 300 L / brebis traite
  • 72 000 L de lait

Matière sèche utile

122

122

Frais vétérinaires

1 000 €

  • 700 € adhésion AVEM
  •  300 € de produits vétérinaires

1 200 €

  • 800 € adhésion AVEM
  • 400 € de produits vétérinaires

Taux de réforme

25%

25%

 

La prolificité a légèrement diminué au cours du temps, cela s'explique par l'augmentation de la taille du troupeau. De plus, pour les données de 2016-2017 la moyenne s'est faite sur les brebis et agnelles.

La mortalité est plus importante ces deux dernières années.

Deux causes sont identifiées :

· La pneumonie, due aux écarts de température entre le jour et la nuit dans la bergerie.

· La coccidiose, qui a surpris les éleveurs qui n'ont pas réagi assez vite.

La production globale de lait a augmenté tandis que la productivité par brebis a diminué. En effet, malgré l'augmentation du cheptel, le système se met en place doucement. L'objectif à terme est de 300L/brebis luttée soit environ 100 000L de lait.

La cotisation de l'AVEM a augmenté de 100€ depuis 2014 et plus d'animaux ont dû être traités cette année. (Oestres chez les brebis et ténias chez les agnelles.)

Le taux de réforme reste inchangé (25%) ainsi que la matière sèche utile (122) qui conserve une valeur assez faible qui est caractérisée par un système basé sur l'herbe, avec des été secs et donc une pousse de l'herbe très variable.

 

Evolution des performances agroenvironnementales

 

  2014 2017
EQF / L de lait 0,21 0,22
g de concentrés / L de lait 890 1040
Bilan N CORPEN modifié 1 (kg N / SAU) 6 4
Surface de légumineuses (% SAU) 14 13
Surface des IAE (% SAU) 84 83
 
1Avec revalorisation de la fixation symbiotique des légumineuses
 

L'évolution de l'exploitation s'est faite en cohérence avec les valeurs initiales des exploitants. En effet, on observe que les indicateurs agroenvironnementaux sont similaires entre 2014 et 2017 malgré l'augmentation de la SAU et le doublement du cheptel.

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Laurent REVERSAT, Romain REVERSAT, Frédéric LIBOT

GAEC d'Egalières
Egalières
12230 Nant
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